Démarche artistique

Jérémie Bennequin est né le 10 juin 1981 à Paris où il vit et travaille en tant qu’artiste plasticien. Après des études en arts plastiques au Palais Universitaire de Strasbourg puis à la faculté de Paris VIII, il enseigne la pratique et la théorie des arts visuels au sein d’écoles d’études supérieures.

Depuis une quinzaine d’années, Jérémie Bennequin développe une démarche artistique polydisciplinaire sur les thèmes du temps, de la mémoire et de l’effacement. Le dessin est au cœur de sa pratique plastique et la littérature constitue chez lui comme une matière première, son matériau privilégié. Il commence d’ailleurs à se faire connaître en 2008 avec son « ommage » à La Recherche du temps perdu de Marcel Proust dont il a gommé l’œuvre suivant un protocole rigoureux à mesure d’une page par jour durant dix ans. Il expose son work in progress en 2010 à la galerie Yvon Lambert, en 2011 à la galerie du jour agnès b (Paris) et en Allemagne au Leoplold-Hoesch Museum. Parallèlement, il réalise plusieurs performances autour du poème de Mallarmé, Un coup de dés jamais n’abolira le Hasard, au Palais de Tokyo et dans le cadre de la FIAC parisienne en 2013. Il participe ensuite à de nombreuses expositions collectives en France et à l’étranger, notamment au Musée Royal de Mariemont (2014), au MAC/VAL (2015), au Bury Art Museum en 2016 et à la Société de Bruxelles (2017 et 2019). La galerie C de Neuchâtel présente en focus de Drawing Now 2016 à Paris puis l’année suivante au salon Pareidoli de Marseille un ensemble de productions graphiques réalisées par l’artiste suite à deux résidences de création successives, l’une autour de Roland Barthes à La Petite Escalère et l’autre sur les pas de Baudelaire à l’île Maurice. Ce dernier travail (Littérature) est aussi l’occasion d’une collaboration avec les éditions Dilecta dont résulte une publication en 2016 suivie de deux expositions personnelles. En 2019, Jérémie Bennequin présente pour la première fois une pièce vidéo à la galerie Martine Aboucaya.

L’activité artistique de Jérémie Bennequin se concentre à présent sur quelques projets de longue haleine. Les Palimpsestes constituent une mise en abîme du travail d’effacement proustien, ruines sur lesquelles l’artiste raconte désormais l’histoire de son gommage dans un mélange de textes et d’images (dessins et photographies). Parallèlement, un nouveau chantier s’est récemment ouvert où Jérémie Bennequin, ayant jeté son dévolu sur un nouveau roman culte de la littérature, entreprend de faire disparaître La Disparition de Perec à travers un jeu de réécriture collective, participative de ce grand lipogramme en « e » : c’est L’e-disparition ! Enfin, spontanément, dans un esprit « beat » assez désinvolte, Bennequin s’est mis à retaper Sur la route de Kerouac avec une vieille machine à écrire sur un rouleau de P.Q., générant ainsi, chemin faisant, au-delà du geste et du support particulièrement pauvres, un univers poétique et visuel inattendu, paradoxalement raffiné.

Au croisement de l’écriture et des images, à la fois sensuelle et conceptuelle, l’œuvre de Jérémie Bennequin intègre des collections publiques et privées (FRAC Poitou-Charentes, Reiner Speck…) et donne lieu à des publications de livres d’artiste. Ses derniers ouvrages sont édités par Yvon Lambert (Le Hasard n’abolira jamais un coup de dés, 2014) et les Éditions Dilecta (Les Lesbiennes, 2016).

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