Démarche artistique

La démarche artistique de Jérémie Bennequin se développe autour des notions de mémoire et d’effacement, tant sur le plan du processus qu’au niveau des traces qui en résultent. Souvent, la littérature et les mots constituent son matériau privilégié. Gommage de textes en hommage à quelques poètes et écrivains : estompage proustien à la gomme, dé-composition mallarméenne à coups de dé, Littérature baudelairienne à l’encre de chine, réécriture contre-lipogrammatique en "e" de La Disparition de Perec… À chaque auteur sa façon de disparaître, ou résister au néant. Sur les pages, la disparition des lettres révèle un univers ambigu, entre le lisible et le visible, une écriture en retraits, une abstraction graphique –autant d’images que l’effacement scriptoclaste matérialise.

Parallèlement, le dessin est au cœur de la pratique plastique de Jérémie Bennequin. Là encore à travers une quête obsessionnelle du « bon degré d’effacement », l’artiste réalise, habituellement au fusain, des visages et des corps dont l’évanescence traduit la sensation fantomatique du souvenir, mélange intime de mémoire et d’oubli.

À la fois sensuelle et conceptuelle, plastique et littéraire, cette œuvre polydisciplinaire, intermédiatique, donne régulièrement lieu à des publications de livres d’artiste (Les Lesbiennes, Éditions Dilecta, 2016 // Le Hasard n’abolira jamais un coup de dés, éditions Yvon Lambert, 2014 // Du côté de chez Swann, & : Christophe Daviet-Thery, 2012…), des performances (Palais de Tokyo, FIAC 2013, ActOral…) des expositions (MAC/VAL, Musée Royal de Mariemont, galerie du jour agnès b, Leopold-Hoesch Museum…) des résidences de création (La Petite Escalère…) et des conférences en France ainsi qu’à l’étranger (Royaume Uni, Allemagne, Suisse, Belgique…).

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